Pour fêter les 30 ans de Temps X, nous accueillons les frères Bogdanoff. Dans cet entretien, équipés de nos combinaisons argentées (et de notre nouveau système vidéo utilisant un iPhone), nous discutons autour du concept de l’émission, de la curiosité, de l’esprit de découverte et de l’avenir (voir aussi le billet sur Temps X et la vidéo avec Frédéric Beigbeder).
En ce moment, sur LCI, un reportage est diffusé dans l’émission “LCI est à vous” avec Natacha, Sacha, Igor et Griskha.
Il y a trente ans, une émission originale fait son apparition sur le petit écran, au croisement de la science, de la prospective et des séries fantastiques : Temps X (voir ici l’ancêtre géant de l’iPhone). Les deux animateurs apportent un style nouveau, Igor et Griskha Bogdanoff séjournent dans une station orbitale et jouent sérieusement leur rôle d’explorateurs. Enfants ou adolescents, il n’en faut pas plus pour enflammer l’imagination. On ne s’attarde pas sur les inscrustations, les costumes et combinaisons, ou le tableau de bord futuriste, les jumeaux sont à bord. À l’époque, le réaliste Aliens avait bousculé l’esthétique de science-fiction avec ses vaisseaux crédibles, et cette ambiance de sous-marin stellaire, angoissant certes. La musique électro était propulsée par Oxygène de Jean-Michel Jarre.
Igor et Griskha, les deux jumeaux, avec leur voix littéraire, se complètent. Ils nous transportent, nous invitent au voyage. Ils reçoivent des scientitifiques et des spécialistes qui partagent leur vision du futur.
Le ton Temps X est resté inégalé et cette émission n’existerait pas sans les frères. Un concept original que la télé d’aujourd’hui ne paraît plus capable de produire.
Dans la première émission de X, en 1979, un adolescent de 13 ans est invité, c’est Frédéric Beigbeder auquel Igor pose quelques questions sur sa passion de la science-fiction. Nous avons retrouvé Frédéric pour rendre un hommage à Temps X. Dans son livre «un roman français», Beigbeder évoque Temps cette première expérience télévisuelle avec les jumeaux, amis de son père. Ce livre touchant est une promenade dans le monde de l’enfance de son auteur.
[Frédéric Beigbeder à 13 ans, reçu par Igor et Grichka Bogdanov dans la première émission de Temps X en 1979].
Une conversation entre Natacha et Mry à la conférence Le Web 09, première diffusion en live Qik avec notre nouveau système (iPhone augmenté) qui est en période de rodage.
Le changement climatique, la crise environnementale, voici des sujets graves, vitaux, et anxiogènes. Jean-Louis Borloo, que nous avons rencontré à son ministère avec un petit groupe de blogueurs, a même précisé que les experts chinois sont plus pessimistes dans leur prévision que ceux du GIEC.
Le ministre de l’Écologie donne une image bien différente des négociations de Cop15 (Sommet de Copenhague). Grâce à son éclairage de l’intérieur, on comprend mieux comment c’est créé la dynamique et les Français semblent être un moteur actif. Borloo négocie au corps à corps avec ses homologues. En l’écoutant, on imagine les mécaniques complexes, et finalement les rapports humains entre les dirigeants, nécessaires pour mettre d’accord 192 pays : aller les voir, discuter, comprendre les problèmes nationaux, comment de nombreux gouvernements cherchent à ne pas brader la sortie de la pauvreté. Il le dit : «tout le monde pense et dit la même chose, il y a un sentiment d’appartenance». Entre les pays, il faut créer la confiance.
Ce qui frappe chez Borloo, c’est la détermination, la volonté d’y croire, l’enthousiasme presque, d’avoir un tel défi à relever et il est de taille. La mutation c’est un «chemin facile et tellement heureux». Son attitude contraste avec les catastrophes en tous genres qui ont lieu. Probablement, faut-il mobiliser les énergies pour arracher des accords et convaincre. Au-delà du problème du climat, tout le monde semble percevoir à quel point les changements sont profonds. Ce qui se joue derrière l’accord sur le climat, c’est bien plus que ça, même si c’est bien sûr déjà beaucoup : c’est une nouvelle façon de lutter contre la pauvreté, reconnaître notre responsabilité, et chercher un moyen de s’en sortir («il n’y a pas de futur à l’humanité, si on ne met pas en place un système clair adaptation-développement»). Dans ce moment historique, la situation est si grave, qu’il n’y a pas d’autres moyens que de réfléchir et d’agir ensemble. Il ne sert à rien de faire ce qu’il faut dans son pays si les autres ne le font pas.
Cette interdépendance est évidente, nous en prenons conscience. J’étais juste à côté de Borloo, et je comprenais que sans doute, il employait le même ton avec ses homologues. Il explique qu’en France, l’opinion est l’une des plus écolos. La réalité du changement climatique ne fait pas de polémique, il y a un consensus rare dans l’opinion et les médias. Le ministre de l’Écologie est donc soutenu.
Le contraste entre l’angle de Borloo («il faut créer un buzz positif de toutes les parties, partout») et la communication des ONG saute aux yeux. Les ONG ont le mauvais rôle celui de réveiller les opinions et les dirigeants. C’est le travail ingrat. Créer une expertise pour agir et marteler encore et encore, maintenir l’intérêt. Pour tous ceux qui participent à des mouvements de sensibilisation sur l’écologie, la route a été laborieuse, ardue depuis une vingtaine d’années et depuis le Sommet de Rio en 1992. Sans le travail des innombrables groupes et associations, nous n’en serions pas là. La situation serait bien pire.
Borloo reconnait le rôle de Nicolas Hulot. Sans le pacte de 2007, il n’y aurait pas eu le Grenelle, ni le paquet énergie-climat. Et encore moins de discussion au niveau des chefs d’État au Sommet de Copenhague. Il confie : «Nicolas est comme à la «place du mort», dans la voiture, elle est plus inquiétante que celle du conducteur, on se rend moins compte des dangers dans l’action» et d’ajouter : «Nicolas n’a pas le bonheur physique de l’action politique, de discuter avec les hommes».
Si l’homme semble reprendre sa place dans les préoccupations — car c’est bien de cela qu’il s’agit, de l’humanité — il faudrait aussi créer un GIEC de la biodiversité. Il y a également de grandes opportunités pour les économies qui auront compris la révolution verte. Les Chinois le savent (dès 2012, ils fabriqueront des voitures non carbonées). Borloo dit : “On devrait tous être en train de faire la course à la réduction de carbone, car c’est la compétitivité de demain”. Mais les Américains auront du mal à faire la transition, malgré les envies d’Obama et l’image innovante des États-Unis autour des GreenIT. Cette crise redistribue les cartes. « Une organisation nouvelle est nécessaire», pour «réguler le monde» — on reconnaît la fameuse taxe Tobin en filigrane. Le «vrai combat», selon Borloo «est de ne pas céder sur la date clé», «de lancer un plan d’adaptation pour les pays émergents : 600 milliards d’euros sur 20 ans, en distribuant chaque année 30 milliards», de s’intéresser aussi vraiment «à l’Afrique où d’un côté, 3 mères sur 4 n’ont pas accès à l’énergie et de l’autre l’énergie est 100 % renouvelable».
Borloo — et le gouvernement — veut donner des signes d’espoir ! (”après Copenhague on va entrer dans l’ère de la mesure pas de la démesure”). On aimerait bien espérer, on lui dit bonne chance et on a envie de lui tapoter un peu sur l’épaule, comme il le fait quand on lui parle. Les chefs d’État ont besoin que leur opinion les pousse pour signer tous ensemble un accord à Copenhague ! Notre rôle est de rester très attentif et de participer à cette mutation.
Les idées vivent dans leur pays. Ce sont des oiseaux, des ondes qui voyagent et se posent pour quelques instants avant de repartir vers d’autres nuages.
Il y a six ans que sur MemoireVive, nous étudions et jouons avec les usages naissants. Convaincus par le potentiel de l’Internet mobile. Nous travaillons dans le numérique depuis le début du Web avec notre société i-Marginal.
Pour nous, et notre équipe, une nouvelle belle page s’écrit aujourd’hui et nous en sommes très heureux. Nous avons conçu le projet CultureClic, plateforme mobile de la culture française. CultureClic est lauréat de l’Appel à Projets “Proxima Mobile” lancé par Nathalie Kosciusko-Morizet, Secrétaire d’État chargée de la Prospective et du Développement de l’économie numérique, avec la Délégation des Usages de l’Internet.
Dans cette aventure, nous ferons le voyage avec la Cité des Sciences, la Bibliothèque nationale de France, la Réunion des musées nationaux, le Muséum national d’Histoire naturelle, le Palais de la Découverte. Qu’est-ce que culture clic ? Un réseau social mobile culturel qui sera accessible depuis 80 % des mobiles.
Le mobile se propage à grande vitesse et touche toutes les couches de la population sur la planète. C’est un outil démocratique. Ainsi, rendre accessible le patrimoine culturel sur mobile nous apparaît important pour tenter de toucher tous les citoyens. CultureClic sera un projet évolutif et innovant, avec notamment de la réalité augmentée sur iPhone. (Sur i-Marginal ou sur CultureClic.fr, vous trouverez les premières informations. Nous y reviendrons bien sûr ici).
Nous avons imaginé le service dont nous rêvions. Une plateforme sociale pour partager ses découvertes, goûts, sorties, expositions, artistes, œuvres et musées préférés, seulement à travers un mobile. Un réseau pour partager, pour recommander en temps réel.
CultureClic sera riche de nombreux contenus mis à disposition par les partenaires institutionnels : BnF, Rmn, Cité des Sciences, MNHN… Il y aura des photos des œuvres, des livres, des gravures, des documents comme des cartes anciennes, bref des trésors. Il permettra de découvrir à terme des centaines de musées.
Ce projet se déploie au moment où tant de questions se posent sur le numérique, les contenus, la place de la culture, les nouveaux usages. Les mentalités évoluent, et on peut espérer que les mondes de la culture et du numérique se retrouveront sur un chemin commun. C’est une aventure passionnante qui commence ici…
[Ajoutez CultureClic sur twitter ou suivez le projet sur Facebook]
Blog Action day : Lutte contre le changement climatique, rien ne se fera tout seul
MemoireVive.tv participe avec plus de 7500 blogs au Blog Action Day, l’événement social le plus important du web (voir vidéo)
La planète vibre, sursaute. Les petits mammifères qui la peuplent mettent en danger l’équilibre de la biosphère. Dans 64 jours aura lieu la conférence de l’Onu sur le climat à Copenhague qui réunira des chefs d’Etats du monde entier. Le but qu’ils se mettent d’accord pour définir un projet politique pour lutter contre le changement climatique.
Le protocole de Kyoto ratifié par 172 pays est entré en vigueur en 2005. Les pays signataires se sont engagés à réduire les émissions des gaz à effet de serre de 5,2 % de CO2 d’ici 2012 par rapport aux émissions de 1990. Ce protocole prend fin en 2012. La conférence de Copenhague qui se tiendra du 7 au 12 décembre réunira les représentants de 170 pays. Les pays devront renégocier un accord international sur le climat et établir un nouvel protocole pour prendre la suite de celui de Kyoto.
Récemment, le PNUE (le programme des Nations Unis pour l’environnement » déclarait à propos du dernier rapport du GIEC (conseil scientifique) : “La rapidité et l’ampleur des changements climatiques semblent en voie de dépasser les prévisions les plus alarmantes”. La réchauffement climatique s’accélère et certains phénomènes sont désormais irréversibles selon le GIEC. Une scientifique affirmait « l’impact du réchauffement est plus précoce et plus rapide que prévu ».
Le président du GIEC Rajendra Pachauri a déclaré, il est “utile que cette conférence rappelle aux politiques qu’il existe une crise plus grave que la crise économique”. Certains n’hésitent plus à affirmer que désormais, il faut employer le terme de catastrophe climatique plutôt que de réchauffement. Le pire est en train de se produire.
La planète ne peut plus nous soutenir, la charge est trop forte, nous l’épuisons. Ce qui va se produire ? Des centaines de millions, voire des milliards de personnes vont souffrir, seront déplacées à cause des multiples effets de ce dérèglement, la famine pourrait se répandre, et la pénurie d’eau potable s’accroître, le visage de notre planète pourrait radicalement changer. Notre mode de vie occidental actuel ne peut continuer. Il est impossible de fermer les yeux, même si notre cerveau a dû mal à s’adapter.
On sait déjà que les discussions pour Copenhague sont mal engagées, et la position des Etats-Unis (qui n’ont pas ratifié le protocole de Kyoto) risque de ne pas être à la hauteur de nos attentes.
Il est encore temps d’agir, vous pouvez signer plusieurs pétitions de divers collectifs d’ONG (ici ou ici avec tcktcktck.org), ajouter un bandeau sur votre blog ou envoyer des tweets (voir LesHumains par exemple) et des liens sur Facebook sur l’actualité pour en parler autour de vous (nous y reviendrons sur MemoireVive).