24
2007
Rue de Solferino, au QG du PS
Ouverture du siège de campagne de Ségolène Royal au Parti Socialiste, le lundi 22 janvier, voir cette autre séquence vidéo.
C’est un peu kitsch sous la tente du PS - avec les roses en plastique - qui se situe dans la première cour du siège du Parti socialiste, rue de Solférino. Ici, c’est le coin “cybercafé”, on retrouve Valério Motta (un blogueur néthique) qui fait parti des animateurs. Les militants affluent et les journalistes aussi. On retrouve les mêmes têtes. Je sors mon téléphone pour prendre quelques photos en attendant, comme Christophe Grébert d’ailleurs, ce qui nous amène par contre à nous faire reconduire dehors (par quelques paroles très énergiques) devant la grille avec les photographes, caméramans, les radios, etc.
Nous voici donc à faire le pied de grue pendant une petite heure comme si nous n’étions pas vraiment invités. Je ne me vexe pas, la presse a droit au même traitement. Les journalistes sont tenus à l’écart, on nous explique comment cela se passe : Ségolène viendra ici, après elle repartira et ira dans la salle à l’intérieur. Les photographes ne coopèrent pas avec les caméramens, ils cachent la vue. Dans ces conditions, il serait malvenu de se glisser entre eux pour faire quelques images pour notre blog. Nous faisons toujours attention à ne jamais gêner les journalistes qui travaillent, là compressés entre les deux portes de la grille. TF1, LCI et bien d’autres n’ont même pas accès au premier rang. Les militants continuent d’arriver, des personnalités aussi et ne savent pas trop comment entrer. Ce qui donne une impression de mise à l’écart des journalistes et d’une volonté de faire la place aux militants. Les rôles sont inversés par rapport à ce que l’on pourrait imaginer, la presse est encadrée et les militants libres de leurs allées et venues. Un journaliste plus malin que nous qui s’est glissé dans les militants nous confirmera que cela s’est passé ainsi de l’autre côté de la grille.
Ségolène Royal et François Hollande arrivent, elle fait un court discours, le secrétaire général aussi et ils repartent. Les caméramans protestent vivement et crient, les photographes les ont empêchés de travailler, personne n’avait mis d’ordre là dedans. Résultat, on m’a raconté (car je ne regarde plus la télé) que dans la journal télé du soir, il n’y avait pas eu d’images de ladite scène.
Quelques minutes plus tard, Dominique Strauss-Khan traverse la masse de journalistes et sort, avant même d’écouter Royal. Que s’est-il passé ?
Nous étions derrière la grille, maintenant, nous devons entrer, même problème, c’est la ruée. On arrive dans la deuxième court à l’intérieur, la salle est déjà pleine. À la porte, j’essaye d’entrer, on me dit sèchement que “le blogueur n’avait qu’à arriver plus tôt”. Noté ! A l’intérieur de la salle, les journalistes sont aussi confinés et des militants pour la mise en scène sont proches de la petite tribune (voir aussi une bonne vidéo chez Mry et les notes de Gilles Klein, Christophe Grébert et une note de Vinvin).
Nous nous retrouvons donc sous la tente avec les militants. On voit le discours sur un écran.., en vrai Ségolène Royal se tient incroyablement droite et paraît un peu maladroite. Puis, François Hollande et Ségolène Royal fendent la petite foule et tout le monde repart. Bonne nouvelle, nous n’étions pas les seuls blogueurs présents (Gilles Klein, Thomas Clément, Mry et Vinvin et évidemment Christophe Grébert.
On vous raconte ces coulisses pour poursuivre une petite réflexion : la multiplication des journalistes et des médias rend de plus en plus difficiles l’accès aux événements pour ramener des images exploitables. Il y a une réelle difficulté sur le terrain pour travailler, je dirais même qu’entre ce qui est filmé et celui qui filme, il n’y a plus dans ces conditions, aucune proximité. Et notre perception de l’information en découle aussi. Tout le monde, y compris les journalistes des grands médias doivent arracher des images, se donner des coups de coude pour entendre ou rapporter l’info. Humainement parlant, il y a quelque chose qui ne passe pas ou plus. Et nous, petits blogueurs nous nous retrouvons là, en s’ajoutant à cette masse, cette multiplication, cherchant une certaine forme d’imprévus. Les mises en scène ne laissent rien au hasard, il y a une volonté de contrôle chez les personnalités médiatiques et particulièrement politiques. Tout est image et communication. Cette distance nous la ressentons tous et c’est l’une des raisons pour laquelle, les blogs (ou l’émergence du contenu personnel) ont eu un essor ces dernières années. Ce qui me frappe : la campagne se fait par et avec la télévision et l’image, elle est conçue pour ce média. Et cette importance de l’image a placé la parole au second plan. Alors que sur le Net, la parole a repris ses droits…
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Filmé par Sacha QS avec un Nokia N90.


















le Mercredi 24 janvier 2007 à 9:27
Merci, une fois de plus pour touts ces temoignages si instructifs.
Donc d’après ce que vous nous dites et ce que je vois dans votre reportage vidéo vous n’avez rien pu voir ou presque.
Donc on vous invite à ne rien voir ou à voir ce qu’on veut bien vous-nous montrer …
Donc ce monde (politique ) d’images qui est en fait un monde sans images ou presque, franchement je trouve que certains exagèrent, c’est de l’esbrouffe tout ca, non?
Faut-il les remercier aussi d’être invités? De poireauter des heures pour ne rien filmer au bout du compte? De se faire rembarrer “le blogueur n’avait qu’à arriver plus tôt!”
Franchement je ne trouve pas ca correct du tout comme facon de faire!!! c’est dommage pour les politiciens que vous soyiez enfin là, vous les blogueurs citoyens pour nous raconter au delà ou malgré les images, puissent-ils se rendre compte de l’absurdité de la situation… les bras m’en tombent!!!!
le Mercredi 24 janvier 2007 à 13:31
D’après ce que je vois ici, Ségolène Royal et son staff sont bien les dignes héritiers de François Mitterrand. Cette obssesion du contrôle de l’image ne pressage rien de bon pour la suite. J’aime pas, mais pas du tout le “mépris des élites” à peine deguisé.
Mais bon, je ne suis pas de gauche, ça doit être une question de culture aussi. Chez nous, on reçoit bien nos invités…
le Mercredi 24 janvier 2007 à 13:50
La méthode Royal
Ni les Fabusiens, ni les Strauss-Kahniens ne se sont exprimés mardi soir. Devinez pourquoi ?
le Dimanche 28 janvier 2007 à 15:11
Ce que tu décris Natacha et vos commentaires Zazie et Pascaline me font prendre conscience que quand on parle de la société de l’image, il s’agit en réalité d’une société de contrôle de l’image et que de façon absurde, elle en vise au fond la limitation et la rareté, au moment même où l’image est omniprésente et se multiplie. Limitation pour en augmenter la valeur économique, dans le cas des médias qui ne coopèrent pas entre eux, limitation pour pouvoir toujours la maîtriser, dans le cas des acteurs politiques.
C’est peut-être là une raison parmi d’autres de la défiance actuelle envers ces deux types de pouvoir : nous ne sommes plus tellement dupes de ces procédés (peut-être parce que nous les pratiquons nous-mêmes ? ;-)), nous les décryptons et du coup, nous soupçonnons toujours “autre chose” derrière l’image, même s’il n’y a rien. Quitte à tomber dans le piège des discours de “vérité” populistes ou conspirationnistes (”on nous cache tout, on nous dit rien”) ou à participer à ce système en critiquant et disséquant tout à l’infini à partir de ces seuls images que l’on nous livre en pâture. Alors qu’au fond, nous ne désirons peut-être que plus de proximité humaine et d’authenticité et un vrai débat de fond. (Allez Ségolène, c’était bien ça ton idée, non ? :-))
Ceci étant dit, comme tu le dis Natacha, et le labo expérimental Mémoire Vive l’illustre tous les jours !, on est sûrement en train de passer à une autre logique via les blogs et le Net en général, qui en revalorisant la parole, le contenu et l’immédiateté du contact humain, amènent obligatoirement vers plus de fond et d’authenticité !
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