09
2007
Second Life en Open Source
“Et voilà comment ça commence…”
Si vous avez vous aussi votre avatar dans SL (le monde virtuel « Second Life » pour les non-initiés), et si vous êtes abonné à la mailing list « SLED » - Second Life Educators - regroupant des utilisateurs se servant de SL à des fins d’éducation ou de recherche (essentiellement en sciences humaines et sociales ou en sciences de l’éduction, de la communication, etc.), alors vous avez reçu aujourd’hui un email de Pathfinder Linden lui-même (Community Manager et Education Manager dans le fameux Linden Lab, créateur et développeur de SL), portant ce simple lien : et quatre mots : “And so it begins…” (« Et voilà comment ça commence… »).
Au bout du lien, une annonce qui a fait l’effet d’une petite bombe dans le milieu : (license GNU-GPL v2 + exception FLOSS)
Cela veut dire que des milliers de codeurs/développeurs à travers le monde vont pouvoir débuguer, améliorer, customiser, enrichir, habiller le programme de navigation dans ce monde virtuel, l’adapter à telle ou telle plateforme spécifique. Chaque amélioration, en vertu de la licence Open Source, sera disponible et réintégrable par chacun, y compris Linden Lab, qui font là un calcul intéressant : il est rare qu’un code privé, générateur de volumes financiers importants, soit ainsi « offert » au grand public. Mais Second Life est un produit qui met en oeuvre ce fameux « effet de réseau » : sa qualité et son intérêt sont d’autant plus grands que les participants sont nombreux. La fluidité, la simplicité et la convivialité (y compris en ce qui concerne la programmation et le développement) sont dès lors un atout important.
Pour le moment, seul le code tournant du côté de l’utilisateur est rendu libre. Mais à terme (d’ici trois ans paraît-il), le code « côté monde » devrait l’être aussi, ce qui permettra à chacun de créer différents types de comptes, de modes de participations, de fonctionnalités, et même d’autres mondes à partir du code intitial du Linden Lab. Mais ces mondes pourront être inter-opérables, de sorte que le même avatar pourra passer de l’un à l’autre !
Plus besoin d’acheter des terres virtuelles à Linden Lab pour se créer une place au soleil numérique ou développer le monde de ses rêves. Et pourquoi pas un monde humain, un monde à l’image de la conscience, une Île Verte, peut-être ? Une utopie pour de bon : un monde sans lieu, pas même dans les caves d’un laboratoire californien d’avant-garde. ![]()
Tag : Second Life, Open Source


















le Mardi 9 janvier 2007 à 3:02
Oua, voilà une très bonne nouvelle ! Tout ce qui donne un peu de “pouvoir sur la machina” en est une. Sont pas bêtes chez Linden Labs.
Ça me fait penser à ce que disait Umberto Eco il y a dix ans à propos des 3 trois classes de personnes du cybermonde. Au plus bas, la classe prolétarienne, exclue du pouvoir, ne sachant pas se servir d’un ordinateur. Elle allait recevoir l’information qu’au travers de la télévision. Puis allait venir la classe moyenne, qui allait savoir se servir de l’ordinateur mais pas le programmer. Une petite bourgeoisie menée par Bill Gates. Et la classe supérieure, disait-il, sera celle de Marvin Minsky (le pape de la robotique). Une nomenklatura, au sens soviétique du terme, composée de ceux qui savent interagir avec l’ordinateur.
Bon je suppose que son analyse est encore assez vraie, sauf qu’avec le Web 2.0 et des “Open mondes” comme SL, ça devrait aider la démocratisation interactive
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