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2006
Le contre buzz des apprentis sorciers
Et le contre buzz ? Les cas de Star Wars Kid ou de George Allen (ici, un bon papier du Monde) nous servent d’exemples pour illustrer notre propos sur la néthique dans le cadre de la campagne de sensibilisation que nous avons initiée depuis un an. Les téléphones-mobiles sont partout, j’en ai parlé sur Europe 1, en quelques secondes n’importe qui peut réaliser une séquence et la diffuser sur YouTube et DailyMotion et dans certains cas être vue par des millions d’internautes. Il y a eu déjà eu plusieurs cas dans le monde où le Net, d’un coup brutal, s’est transformé en tribunal public, en terrible machine de lynchage. Un homme politique, une personne publique ou monsieur et madame tout-le-monde peuvent se retrouver pris dans un engrenage à cause d’une image ou d’une vidéo les montrant dans des situations embarrassantes ou ridicules. Aux États-Unis, la vidéo en ligne est sur le point d’envahir le champ politique.
Dans la campagne française, la vidéo pourrait aussi jouer les trouble-fêtes. Les partis politiques veulent jouer et profiter du buzz pour leur candidat, mais jouer aux apprentis sorciers peut aussi se révéler dangereux pour son propre camp. Le vent peut se tourner très vite en sens contraire. Même si elles sont diffusées dans des blogs ou des sites à faible audience, les polémiques en ligne peuvent rebondir dans les médias traditionnels et finir par toucher l’ensemble de la société, en devenant des sources d’information grand public. La vitesse de propagation est très rapide pour les rumeurs, comme pour les mauvaises nouvelles et les retournements (on se souvient en janvier 2004 du cri de Dean). Le Net n’est pas cadré par la réglementation concernant la campagne électorale et la démocratie d’opinion s’en nourrira. Avec le risque de voir naître des campagnes de dénigrement, comme le souligne aussi Thierry Crouzet et les pertinents commentaires de son billet.
Le pouvoir que chaque internaute a entre ses mains (celui de diffuser des contenus) appellera aussi une responsabilité individuelle. On l’a vu dans l’histoire de Star Wars kid, il est impossible de stopper la diffusion d’une vidéo populaire et le jeune ado ridiculisé le sera pour l’éternité. Un jour, ses enfants et petits-enfants devront faire avec. Cette puissance est fascinante et inquiétante à la fois. Toutes ces problématiques nouvelles vont nous interpeller sans doute plus vite qu’on ne l’imagine.

















le Lundi 16 octobre 2006 à 23:35
Comme le dit Bruno de Beauregard (sur le blog de Thierry Clouzet) :
“Celui qui insulte tout autant que ses propos restent gravés dans le marbre de la blogosphère, et ce a priori très longtemps.
Cette traçabilité du dénigreur et de ses dénigrements sont ainsi assurées, à charge ensuite au commun des lecteurs de se faire une idée, de croiser les infos dans la blogosphère, etc.”
Néanmoins, je pense que tout cela reste restreint à une catégorie des lecteurs comme dans la presse d’ailleurs, il y a les Nouvelles Littéraires d’un côté et Closer de l’autre. A chacun son public… Suis-je trop optimiste ?
Excellente idée d’inclure cette problématique dans un bouquin sur le Cinquième pouvoir.
Vivement la néthique (quand allez-vous annoncer la date du Colloque chez PMF ?)
le Mardi 17 octobre 2006 à 1:22
Le dénigrement est un mécanisme de défense contre une blessure narcissique primitive (maladive) où le motif central du conflit s’avère être le désir de récupérer une estime de soi blessée (e.g. “je ne serai pas l’idiot du village virtuel”…). Celui qui dénigre pense pouvoir ainsi “éviter” son sentiment d’abandon et d’impuissance. Il faut bien évidemment trouver un moyen de limiter la capacité de nuisance d’un tel individu, mais en prenant en considération le fait qu’il en fait une victime plutôt d’un bourreau. Victime de lui-même, mais victime quand même…
le Mardi 17 octobre 2006 à 7:41
autrefois dans la république de Venise existait les “gueules de Lion” destinées à recevoir les doléances de la population envers le Doge et son gouvernement d’une manière discrète -des sortes de “boites à lettre” représentant le buste du Lion vénitien. cette pratique est vite devenue une entreprise de délation et de contrôle étatique -jusqu’au jour où une bande de petits malins ont décidés de piéger ces gueules pour que l’anonyme reste la main bloquée dans la gueule de l’animal de pierre…
l’internet -et le petit monde des blogs- y rerssemble de plus en plus
le Mardi 17 octobre 2006 à 11:57
À ce sujet lire le billet de Loïc le Meur en 2004
La diffamation et les blogs
http://www.loiclemeur.com/france/2004/03/la_diffamation_.html
le Mardi 17 octobre 2006 à 13:24
“Traçabilité du dénigreur et de ses dénigrements”
Voilà, l’intrigue devint limpide :”La Mystérieuse Affaire” est élucidée par Loïc Hercule Poirot, grâce à l’enquête de traçabilité menée par Miss Marple de Saint Sulpice. Nous attendons avec impatience le livre de Thierry Clouzet.
http://blog.tcrouzet.com
le Mardi 17 octobre 2006 à 14:29
Du nouveau sur la diffamation en ligne !!!!
Nissan fait condamner un blog, Libération
Mardi 17 octobre 2006
“Sur son blog, Stéphanie Gonier raconte toute «sa vérité» [...] Le groupe automobile l’a poursuivie pour injure et diffamation publiques. Et vient de gagner, selon la décision du TGI de Paris rendue hier. Le blog de Stéphanie Gonier n’est pas interdit, celle-ci ayant le droit de raconter son conflit sur ce «journal intime sur le Net» . «En revanche, elle doit respecter la loi sur la liberté de la presse de 1881 et la loi informatique et liberté à laquelle sont soumis les blogs , rappelle Pierre-Yves Michel, l’avocat de Nissan. Madame Gonier a dérapé en insultant le DRH de Nissan ["menteur et manipulateur"] , en diffamant le constructeur ["association de malfaiteurs" ] et en diffusant des données personnelles sur certains salariés.» Les juges l’ont condamnée à verser 1 euro symbolique à Nissan, et de 100 à 500 euros aux salariés concernés. La blogueuse attend désormais son procès aux prud’hommes pour licenciement abusif”.
http://www.liberation.fr/actualite/economie/211033.FR.php
http://www.pointblog.com/past/2006/10/17/une_employee_licenciee_face_a_nissan.htm
le Mardi 17 octobre 2006 à 16:42
Je voudrais vérifier un point avec vous : l’attitude “néthique” consiste t-elle à minimiser les risques et conséquences d’un “mauvais” comportement ou bien consiste t-elle dans un changement de comportement radical de chacunn à la base ? Je n’ignore pas la part d’utopie que cela comporte mais n’est ce pas à cela que nous sommes confrontés en beaucoup de domaines comme par exemple l’environnment / développement durable ? Pour être complètement rêveur ou stupide - c’est au choix - l’attitude “néthique” ne cherche t-elle pas à éradiquer le “mal” à sa racine plutôt que de chercher à traiter ses conséquences ?
le Jeudi 2 novembre 2006 à 16:23
“il est impossible de stopper la diffusion d’une vidéo populaire et le jeune ado ridiculisé le sera pour l’éternité. Un jour, ses enfants et petits-enfants devront faire avec. Cette puissance est fascinante et inquiétante à la fois. Toutes ces problématiques nouvelles vont nous interpeller sans doute plus vite qu’on ne l’imagine.”
Je trouve cette conclusion caricaturale. Le principe d’une “vidéo populaire” est d’être remplacée très rapidement… par la suivante. Une sorte de “contre-15′ de célébrité”, pour reprendre l’analogie du début.
Pour retrouver dans vingt (ses enfants) ou quarante (ses petits-enfants) trace de cette vidéo, il faudra au préalable 1. savoir qu’elle a existé ; 2. être capable de la rechercher (facilité ici par le nom “starwars kid”) ; 3. qu’il en reste un exemplaire qq part, suffisamment accessible (ce que peut permettre le net, au matériel d’hébergement près) ; 4. que le format soit toujour lisible (quelqu’un sait-il encore ouvrir un document Works ?); 5. n’avoir rien d’autre de plus “populaire” à rechercher.
Et sur le point 5… à chaque jour sa nouveauté.
Pour rechercher un vieux nanar, une condition nécessaire est la volonté a priori de le retrouver, c’est-à-dire être au courant AVANT de le chercher.
Dans dix ans, plus personne ne se souviendra (sauf la victime et les auteurs) de cette vidéo.
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