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2008
Un avatar peut-il mourir ?
La condition d’avatar n’est pas facile. Il ne vit que lorsqu’on l’anime, et disparaît quand nous le «débranchons». Les discussions existentielles de slifers portent parfois sur ces questions. Quand je mourrai, mon avatar pourrait-il toujours exister et une personne l’animer pour simuler mon existence ? Un être humain peut mourir. Et un avatar ? Il y a peu, Soso Gao a disparu. Cette slifeuse était connue de la communauté française, notamment de celle liée au développement durable. Elle animait un lieu, publiait des articles sur SL Observer. En décembre, elle a cessé d’exister, la personne qui l’animait a supprimé son blog, fermé son profil sur facebook, et n’a pas eu le temps de dire au revoir à tous. Pourquoi ? Ses raisons lui appartiennent, elle n’a pas souhaité les faire connaître. Ce n’est pas la première fois que des avatars, visiteurs occasionnels, cessent de venir Second Life et disparaissent. Là, c’est un avatar actif et régulièrement présent qui se débranche. Et j’espère que ce ne sont pas des raisons graves qui ont conduit à cette cessation d’existence virtuelle.
Nos identités numériques sont fixes ou mouvantes. Le réseau de contacts que l’on tisse à travers une plateforme n’a parfois aucun autre moyen de communiquer avec vous que par ce biais. En fermant les portes, vous coupez avec ceux qui étaient vos relations, comme si vous quittiez un pays pour un autre : pour elles, vous mourrez. Vos «amis» sont zappés. Et les confidences auront été celles d’un inconnu à un autre inconnu, comme lorsque cherchant une écoute dans une fête ou un bar, certains disent des choses qu’ils ne diront à personne d’autre, parce qu’il n’y a pas de liens.
Cela pose la question du lien, à l’heure où le mot «ami» perd de son poids : un «ami» est un contact. Derrière les écrans, cependant, certains ne zappent pas aussi vite et l’on peut se surprendre à se demander comment se porte tel ou tel que l’on voyait avant, et qui sans prévenir ne reviendra plus. A travers les réseaux sociaux et les plateformes d’échanges, la nature des rapports humains et l’amitié se transforment, car aujourd’hui éteindre un écran ou détruire une identité revient à couper avec tous ceux qui ont été vos «amis» en ligne. Un jour viendra peut-être où nos avatars seront tels des statues qui rappelleront notre bon souvenir aux vivants.


















le Samedi 12 janvier 2008 à 11:23
Bonjour,
Cette réflexion profonde sur le devenir d’un avatar qui a cessé de vivre à cause de l’arrêt de sa “real life” m’a fait pensé à la possibilité de créer un musée qui ressemblerait au musée de cire.
Un spécialiste pourrait je crois le créer et ainsi prolonger le souvenir des avatars disparus.
Humainement vôtre,
jyjy
le Samedi 12 janvier 2008 à 14:56
Merci Natacha de partager cette réflexion ! Cela me questionne tout autant depuis un certain temps. Comme toi j’espère qu’il n’y a rien de grave derrière cette dernière de nombreuses autres disparitions virtuelles.
Le fameux “virtuel” si décrié n’est peut être pas là où l’on le met. On est virtuel parce qu’on le veut bien. Dans Second Life, n’en déplaise à ses détracteurs qui croient que nous jouons aux jeux vidéos, les échanges sont réels. Ce qu’on y apprend est réel. Le temps qu’on y passe (ou pas
) est réel. Le plaisir des rencontres est réel. L’agression, les comportements non néthiques sont réels. Et les personnes qui sont derrière l’écran sont réelles.
Oui mais voilà. Peut-être c’est l’être humain qui n’est pas réel… pour nombre d’entre nous. Que souvent il n’existe pas plus pour nous dans SL qu’ailleurs, juste que cela y devient plus manifeste.
Il y a là comme un malentendu. On est virtuel non parce que c’est un monde dit virtuel, mais parce que c’est l’autre que nous traitons en virtuel, qu’il n’a d’existence que fonctionnelle, déversoir de paroles, succédané de lien, canada dry de la relation humaine un moment T, zappé le moment d’après, quand il y a mieux dans le bar d’à côté.
Mais ce n’est pas plus obligatoire dans SL qu’ailleurs. Je, tu, il est virtuel parce que je le veux bien. Ou alors réel parce que toi, ami humain, tu le vaux bien ?
le Dimanche 13 janvier 2008 à 20:58
PAs mal l’idée d’un musée de cire des avatars. De manière plus générique, il est intéressant de constater qu’il n’y a pas (enfin, à ma modeste connaissance !) de “cimetière” du web. Je ne suis pas très motivé par le débat virtuel = zapping, il me semble que de la même manière, dans la vie “réelle”, les effets de mode, les relations, n’ont rien de durable. Question en prime : y a t-il des “meurtres” d’identités numériques ??
le Mercredi 16 janvier 2008 à 19:59
[...] de son billet qui m’a interpelé au point de vous en faire part. Le titre est accrocheur : Un Avatar peut-il mourir [...]
le Lundi 21 janvier 2008 à 18:16
2 avatars se rencontrent sur une île, quelque part à l’ouest du Linden-continent:
-tu y crois, toi, à cette histoire?
-laquelle?…
-ben, il parait qu’en fait, on serait manipulé…
le Jeudi 24 janvier 2008 à 9:43
en 97 des shintoistes extremistes japonais ont ouvert un cimetière pour les âmes défuntes des …tamagushis! (c’est parfaitement authentique)
à quand un cimetière virtuel sur SL pour les petits corps fragiles des avatars?
le Lundi 9 juin 2008 à 7:26
[...] de chez Memoirevive.tv faisait la même réflexion: Nos identités numériques sont fixes ou mouvantes. Le réseau de contacts que l’on tisse à [...]
le Dimanche 27 juillet 2008 à 8:35
[...] a connu est à la base quelque chose de difficile à accepter. Mais qu’en est-il de la mort d’un avatar? Est-ce qu’on donne autant de valeur à une identité [...]
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